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La Cécité du Tournesol – FRAC Occitanie


Cécité du Tournesol

L’exposition la « Cécité du Tournesol » était une exposition d’art contemporain à la FRAC Occitanie (Fond Régional d’Art Contemporain) de Montpellier qui s’est déroulée du 1er février au 23 mars 2019. Elle regroupait des œuvres questionnant notre rapport au réel nous rappelant que la réalité n’est jamais plus que l’image que l’on perçoit d’elle. J’ai choisi de rapporter ici le travail de 3 artistes, parmi la dizaine d’artistes exposés, qui m’ont particulièrement marqué : Shannon Guericco, Yohan Gozard et Ann Veronica Janssens.

Shannon Guerico, avec Sans Titre de la série « Bifröst », nous raconte l’histoire du passage du terrestre au divin à travers 20 impressions en quadrichromie d’autocollants transparents plaqués sur du plexiglas. Pour obtenir ce résultat, Shanno Guerico aurait scanné le ciel Islandais à l’aide d’une imprimante à l’opercule soulevée afin que les capteurs transcrivent la lumière du ciel. Dans la mythologie Islandaise, le ciel correspond au passage de la Terre (Midgard) au Ciel (Àsgard), du terrestre au divin, de la matière au spirituel, le « Bifröst ».

Série "Sans Titre" - Shannon Guericco
Sans titre – Série « Bifröst »

Yohan Gozard est professeur de photographie à l’école des Beaux-Arts de Montpellier MO.CO. ESBA depuis 2018. Voici 2 exemples de son travail que j’ai tout particulièrement apprécié :

Ann Véronica Janssens avec Corps noir, 1994, et Le banc, 1999, amène le spectateur à réfléchir sur lui-même. Elle l’intègre à son oeuvre tel une partie prenante indispensable. Le banc invite le spectateur à s’y asseoir pour le chauffer par sa chaleur corporelle. Composé d’une laque cristal et d’un film plastique, le banc enregistre la marque du visiteur. Celui-ci se voit ensuite offrir, une fois debout, le spectacle coloré de la chaleur de son fessier. Dans le même esprit, l’œuvre intitulée Corps noir construite à base de plexiglas reflète l’image inversée de la salle dans laquelle elle est exposée. Cela fait référence à la façon dont l’œil perçoit la lumière, c’est à dire à l’envers. Le spectateur peut ainsi se voir marchant sur le plafond, comme il devrait percevoir le monde sans l’opération de retournement de l’image à l’endroit effectuée par son cerveau. Par sa présence et son regard, le spectateur crée le sens de l’oeuvre, lui apporte sa raison d’être. Si personne n’est là pour le regarder, Corps noir serait juste du plexiglas réfléchissant la lumière tout comme le banc serait uniquement un banc. Cela dénote une approche de l’art à l’opposée d’une oeuvre pensée comme transcendante. C’est le contexte de l’oeuvre qui créé son sens. Différents êtres humains à d’autres moments de l’Histoire n’aurait perçut là-dedans qu’un objet alors qu’une personne contemporaine peut y voir une recherche sur notre rapport au monde et à la réalité.

 

Pour aller plus loin :

La description de l’exposition par la FRAC Occitanie : www.frac-om.org/la-cecite-du-tournesol

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