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Art contemporain à Montpellier – Exposition d’artistes internationaux à La Panacée


miniature Art contemporain Montpellier à La Panacee

Je me suis rendu vendredi 19 octobre 2018 à l’exposition d’artistes internationaux d’art contemporain au Centre d’Art Contemporain de Montpellier : La Panacée – Moco. Elle rassemblait le travail de 3 artistes :

  1. Haegue Yang, Traversée Chronotopique
  2. Nedko Solakov, Peintures sans textes et récits sur les murs
  3. Erik Dietman, La verticale (Millésimes 1962-2001)

Traversée Chronotopique de Haegue Yang

Traversée Chronotipique - Haegue Yang
Traversée Chronotipique – Haegue Yang

Je dois dire que dès les premiers pas dans la pièce de l’exposition, le choc est immense. On se sent dès les premiers instants transporté dans un autre univers, celui de l’art de Haegue Yang. Artiste Coréenne vivant entre Berlin et Séoul, elle présente des œuvres spécifiquement créé pour la Panacée – Moco. Le plus frappant pour des yeux d’amateurs est assurément l’immense papier-peint recouvrant les murs de 3 pièces entières ! Délicat mélange de distorsions d’images, de superpositions de formes et de couleurs teinté d’un imaginaire fantasmatique, j’ai ressenti la grandeur des possibilités de création qu’offre les créations numériques. Ce papier peint a été réalisé en collaboration avec le designer berlinois Manuel Reader. Ce que l’on remarque juste après, c’est que le lieu de l’exposition s’est transformé et un environnement immersif visuel et sonore : des hauts parleurs inondent la pièce d’une douce ambiance exotique, alternant différents chants d’oiseaux. D’autres œuvres de sculpture « contemporaine » en matériaux non traditionnels (produits industriels, paille artificielle…) jalonne les 3 pièces de cette partie de l’exposition, ajoutant au charme de la pièce et amplifiant la sensation de voyage…

Peintures sans textes et récits sur les murs,

J’arrive désormais au 2ème des 3 artistes exposé·e·s : Nedko Solokav. Cet artiste a par ailleurs un site internet officiel. Plusieurs toiles sont sur les murs, et sur les murs eux-mêmes sont écrits des mots apposés par l’artiste. Tout d’abord, ce que j’ai ressenti devant ces tableaux et son « récit sur les murs », c’est surtout une étrange forme de mélancolie, une sorte de nostalgie de la simplicité du temps de l’enfance. Chacune des toiles racontent une histoire, comme celle des 2 « pilgrims » cherchant à s’échapper d’un angoissant vide souterrain. Ces peintures, très sombres, paraissent simples, presque simplistes. C’est lorsqu’on cherche un peu plus profondément dans le sens de ces tableaux que l’on s’aperçoit que le texte sur les murs raconte, lui aussi, un récit. Comme le dit l’artiste dans l’interview pour La Panacée Moco, il « raconte des histoires dans l’espace » n’ayant « pas qu’un seul niveau de perception ». Je dois dire que je suis complètement passé à côté de ce second niveau de l’histoire, et encore plus des autres sous-niveaux de l’histoire. J’essaierai d’y retourner pour découvrir l’ensemble des textes disséminés dans l’espace de l’exposition. Il me semble reconnaître là un procédé classique de l’art contemporain qui consiste à s’approprier le lieu de l’exposition pour en faire une partie intégrante de l’oeuvre.

La vertical (Millésimes 1962-2001), de Erik Dietman

Pour ce qui est du dernier artiste, Erik Dietman, je ne vais pas m’aventurer à faire des interprétations sur son travail. Décédé en 2002, la partie de son oeuvre exposé à La Panacée se passe de mots. Pour en comprendre le sens, il faut avoir des clés de compréhension de l’art contemporain que je n’ai pas et que beaucoup d’entre vous non plus. C’est pourquoi je me limiterai à une citation de l’artiste et une photo que j’ai prise qui m’a beaucoup inspiré : celle de 3 chaises malades amputées d’un pied ayant pour éventuelle béquille des cactus en train de poussés.

« Je ne fais aucune différence entre un tableau, un dessin ou une sculpture, la seule différence pour moi est entre des idées. Lentement, j’ai des mots, parfois une phrase, j’oublie des mots, d’autres viennent, une autre phrase s’organise, un poème, un petit poème, et c’est toujours sur la base d’un poème qui lentement s’est élaboré que je cherche les meilleurs moyens de lui donner une existence matérielle. » 

Erik Dietman
Chaises, sparadraps et cactus
Chaises, sparadraps et cactus
Moderna Museet in Stockholm
© Adagp / Moderna Museet / Stockholm

Crédits photos : © La Panacée, 14 rue de l’Ecole de Pharmacie – 34 000 Montpellier. Si une photo publiée sur cette page pose des problèmes de droits d’auteurs, merci de me contacter.

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